Bannière

Media Mosaique

Samedi, 19 Avril 2014
Accueil


Moïse Mougnan est journaliste, intellectuel et propriétaire des Éditions Grenier à Montréal. Ce Tchadien d’origine est un spécialiste des questions africaines et tiers-mondistes.

 

Effet Obama dans le sacre d'Ignatieff?

On ne peut parler de l'effet Obama dans le cas de Michael Ignatieff, même si ce  dernier  est un nouveau venu dans l'arène politique. Nouveau venu, mais pas politiquement nouveau. En effet, c'est en 2006 qu'il s'est fait élire dans la circonscription d'Etobicoke-Lakeshore.  Élection contestée par certains de son propre camp, qui le considéraient déjà comme un outsider ou parachuté en somme.  Pédant, condescendant, trop suffisant, mais complètement inexpérimenté, disent d'autres. Son ami Bob Rae, et rival politique le temps d'une course à la chefferie peut en témoigner. C'est souvent d'ailleurs le cas en politique.

Mais cet homme, pense mieux  la politique, contrairement  à beaucoup de politiciens, pour ne pas dire la plupart d'entre eux. Homme de controverse et homme souvent controversé qui défend des positions souvent au gré du vent, Michael Ignatieff ne laisse pourtant personne indifférent. D'ou  le choix de certains mentors libéraux d'en faire leur premier ministre à défaut de Stéphane Dion. Un autre brillant intellectuel que les barons libéraux n'ont jamais  encensé. Indépendant d'esprit, ce dernier ne peut plaire.

Celui qui avait exfiltré Michael Ignatieff du milieu universitaire, si on ose le dire ainsi, est l'avocat Alfred Apps. Mais depuis 1990, son nom circulait déjà comme potentiel successeur de Jean Chrétien. Ce dernier l'avait d'ailleurs nommé avec l'appui de Lloyd Axworthy, commissaire canadien à la Commission internationale indépendante de la souveraineté des États en 2001. Fin renard, il attendait patiemment son tour, sachant qu'il allait venir tôt au tard en politique active, cultivant intrigue et surtout  culture de coulisse.  Une culture, qui l'a propulsé aujourd'hui à la tête du Parti libéral du Canada depuis son couronnement le samedi 2 mai 2009.

Exilé depuis une trentaine d'années en Europe et aux États-Unis, Michael Ignatieff  n'en est pas pour autant absent au pays. Il est l'intellectuel canadien le plus connu au monde. Il est donc revenu au pays par la grande porte. Celle qui va surement l'amener un jour  à la primature.

Brillant intellectuel, malgré ses dérapages sur la guerre anglo-américaine en Irak (il avait défendu l'indéfendable, contrairement à Barack Hussein Obama) il  fut aussi l'avocat du  bouclier antimissile -cher à Bush et à Dick Cheney.  Cet homme a marqué autant que son oncle le philosophe George Parkin Grant de milliers de Canadiens. Ses œuvres sont des références et ses conférences toujours recherchées. L'actuel président des États-Unis, est un lecteur assidu des œuvres du professeur Ignatieff. Il en a  d'ailleurs fait étalage lors de sa brève rencontre avec ce dernier à Ottawa. La plupart de ses collaborateurs débauchés à Harvard ont été les étudiants du professeur Ignatieff.

Jusqu'à quel point, peut-on considérer  Michael Ignatieff comme immigrant ? La question se pose aussi de savoir jusqu'à combien de générations peut-on être considéré comme un Canadien et non comme un immigrant. Et que diront alors les Premières Nations dans ce débat ou les uns s'arrogent le droit d'être «de souche», les autres «de couche» et le reste «de touche»...

Sir John Alexander Macdonald, qui fut le premier Premier ministre du Canada (Parti libéral conservateur) n'est pas né au Canada, contrairement à Michael Ignatieff. En effet, notre premier Premier ministre, est né le 11 janvier 1815 à Glasgow en Écosse. Ses parents ont émigré au Canada en 1820.Il fut élu pour la première fois le 1er juillet 1867(jusqu'au 5 novembre 1873) et pour la deuxième fois : le 17 octobre 1878 jusqu'au 6 juin 1891, date de son décès.  

Le premier Premier ministre du Canada est bel et bien un immigrant

Le deuxième premier ministre du Canada est aussi un immigrant. Le libéral Alexander Mackenzie est né le 28 janvier 1822 à Logierait en Écosse. Alexander Mackenzie, qui a été premier ministre du 7 novembre 1873 au 8 octobre 1878 a immigré au Canada en 1842.  C'est à ce dernier, qu'on doit le bulletin de vote secret, la création en 1874 du Collège militaire royal du Canada à Kingston ainsi que de la création de la  Cour Suprême  en 1878 et du poste de Vérificateur général. Ce qu'il faut aussi retenir de lui, c'est qu'il avait refusé (véritable affront à l'époque) de se faire nommer chevalier par la couronne britannique. Il était Écossais, cela va de soi.  

Notre cinquième premier ministre, Mackenzie Bowell  est lui aussi un immigrant. Ce dernier est né le 27 décembre 1824 à Rickinghall (Suffolk) en Angleterre. Il fut premier ministre  du 21 décembre 1894 au 27 avril 1896.

Notre dix-septième premier ministre, John Turner est né le 7 juin 1929 à Richmond (Surrey) en Angleterre. Son père est anglais et sa mère est d'origine canadienne.  John Turner  (du Parti libéral) fut premier ministre du 30 juin 1984 au 17 septembre 1984.  L'histoire parlait déjà.

Contrairement aux États-Unis ou nul ne peut être président, s'il n'est pas né au pays, le Canada a cette ouverture d'esprit qui rend éligible tous ses citoyens. Une politique qui fait du pays une exception. Une exception canadienne qu'il faut hautement saluer.

N'oublions pas de mentionner aussi, que le chef d'État actuel du Canada Michaelle  Jean, d'origine haïtienne, n'est pas née au Canada.

Michael Ignatieff, même s'il est descendant des russes blancs (ceux qui ont été vaincus par la révolution bolchevique en 1917) par son père, est plus Canadien que John Alexander Macdonald, Alexander Mackenzie ou Mackenzie Bowell, mais aux yeux des Premières Nations, il est aussi  immigrant au même titre que Michaelle Jean ou Maka Kotto.

L'effet Obama, s'est peut-être fait sentir avec la passation du pouvoir entre le général putschiste Ould Abdelaziz de Mauritanie et le président du Sénat Ba Mamadou Mbaré. Ce dernier est  devenu  ainsi le premier Noir président de la Mauritanie -même si c'est par intérim- d'une république dont le passé esclavagiste se confond encore avec son présent.  L'effet Obama (à mettre toujours entre guillemets) c'est aussi la nomination par le roi Abdallah d'Arabie Saoudite de Cheick Adil Kalbani, comme le premier Noir iman de la grande mosquée de la Mecque. Beaucoup ignorent aussi l'histoire du plus grand théologien de l'Islam et compagnon du prophète Mohamed Bilal Ibn Rabah. Cheick Adil Kalbani est appelé d'ailleurs l'Obama saoudien. Et pourtant les Saoudiens noirs existent bien avant Barack Hussein Obama.

Nous saluons tous l'élection de Barack Hussein Obama aux dernières présidentielles américaines. Élection qui a montré la capacité régénératrice de l'Amérique. Même si l'Amérique d'en haut et celle d'en bas ne se croisent pas souvent. Et c'est quand elles arrivent par hasard à se croiser, qu'on finit par parler du rêve américain. Rêve qui des fois est plus virtuel que réel. Mais, contrairement à d'autres pays au moins là-bas, il y a quand même ce rêve qui tient au moins en éveil.

On peut  donc faire de l'élection d'Obama  le thermomètre de comparaison dans certains cas. Mais les États doivent intégrer leurs citoyens sur des critères citoyens autant aux États-Unis que partout ailleurs. Pour nous, Michael Ignatieff a toutes les chances et l'intelligence qui va avec pour être le futur premier ministre du Canada. Barack Hussein Obama, tel que nous le connaissons un peu, ne pourra jamais accepter d'entendre que Michael Ignatieff est le produit de sa trajectoire.

Ce qui est sûr et certain, c'est que Barack Hussein Obama et le probable futur premier ministre du Canada Michael Ignatieff n'ont pas que l'immigration en commun. On a remarqué cela aussi entre la gouverneure générale du Canada Michaelle Jean et le nouveau président américain lors de son séjour sur le sol canadien. Petit détail peut-être, mais surtout «gro bagay (fait d'importance)» comme on le dit si bien en créole. Cela compte énormément dans les relations entre les  États, disait l'ancien premier ministre Brian Mulroney, d'origine irlandaise.

Brian Mulroney, n'est pas le seul Canadien à fêter la Saint Patrick. Saint Patrick, est le saint patron protecteur de l'Irlande, qui est  décédé en l'an 461.  Le premier défilé de la Saint Patrick a été célébré à Montréal en 1824. Plus de 300.000 Québécois et quatre millions de Canadiens sont d'origine irlandaise. Sans compter ceux qui viennent de France, d'Italie ou d'ailleurs. Beaucoup d'entre eux, ont une mémoire amnésique, allant jusqu'à oublier leurs origines immigrantes. Ils considèrent tous les autres immigrants comme des météques (belle chanson de Georges Moustaki).

C'est dire donc, que Michael Ignatieff, ne sera pas le premier Canadien d'origine immigrante à avoir de sérieuses chances de diriger le Canada. Il ne sera pas non plus le dernier. Pour cela, l'exception canadienne mérite d'être soulignée grandement et surtout hautement  à la face du monde.


Voir les commentaires des autres blogueurs sur cet article

La diversité et le rêve québécois ou canadien

Le rêve américain, c’est, d’abord et avant tout, un rêve individuel. Un rêve permanent de compétitivité et d’agressivité où il n y a nulle place à la culture collective ou à la solidarité communautaire. C’est le moi, sacralisé et déifié avec pour symbole: le dollar. Un culte effréné et frénétique de l’avoir et de la consommation.  Rêve pour les uns, mais surtout cauchemar  pour les autres. Expression utilisée pour la première fois par James Truslow Adam (dans son livre The Epic of América en 1931) pour illustrer l’accès aux libertés fondamentales et l’ascension sociale par le mérite.

Il faut aussi se rappeler que des millions d’Indiens ont été massacrés et discriminés par ce rêve.  Des millions d’Africains, ont été transformés en bête de somme pour la sale besogne coloniale. Le génocide des Indiens et l’esclavage des Noirs en font partie.

Aujourd’hui, ce concept qui  a quand même évolué dans sa forme, mais dont le fond reste encore à travailler, a permis l’élection d’un certain Barack Hussein Obama à la Maison Blanche.  Martin Luther King, n’a-t-il pas prémédité  ce rêve en disant qu’il rêve qu’un jour ses quatre enfants ne seront plus jugés sur la couleur de leur peau, mais sur leurs capacités.

Les larmes du pionnier Jesse Jackson  (rendons lui hommage) témoignent de la longue lutte des Noirs américains. Lutte dont Barack Hussein Obama en est le résultat. Il est, à vrai dire, l’héritier du combat pour la liberté de Jean Jacques Dessalines et de Louis Delgrés. Il est l’heritier de la resistance de Rosa Park et du combat pour la justice de Martin Luther King. Il est l’héritier de l’idéal d’Abraham Lincoln et du cri de Malcom X. Mais il est surtout l’héritier de sa propre mère et de son propre père. D’ailleurs son premier livre, est intitulé à juste titre Les Rêves de mon père. Un père qui a lutté contre la corruption, les inégalités et la dictature dans son pays d’origine le Kenya. Barack en est le continuum aujourd’hui.

Michaelle Jean qui est aujourd’hui chef d’État du Canada est d’origine haïtienne, tout comme son prédécesseur Adrienne Clackson est d’origine chinoise.  C’est le pendant canadien du réve américain. Le réve québécois, c’est de voir Yolande James, Maka Kotto ou Amir Kadir, siégés au parlement.

Nous saluons ces performances individuelles, et surtout ce besoin de contribution dans leur pays d’accueil, mais c’est en communauté qu’il faut penser, et c’est en communauté qu’il faut rêver. Le rêve individuel commence par soi et s’arrête sur soi. Le rêve collectif, par contre, nous entraine à bâtir une commune société, à réfléchir ensemble, et à trouver ensemble des solutions aux problèmes dont nous serions appelés à faire face.

En ce qui concerne le rêve individuel, on pourra ainsi trouver de  nombreux exemples d’excellence,  de compétence, ou de réussite  empilés et compilés dans les archives du ministère de l’Immigration ou du Calendrier du mois de l’histoire des noirs.  Des exemples, qui ne peuvent être que source de fierté et de reconnaissance pour les minorités dites visibles (mêmes si elles sont plus qu’invisibles dans la réalité du quotidien). On ne peut passer sous silence les discriminations et les injustices dont sont victimes les immigrants, autant au Québec que dans le reste du Canada.

La réussite ne peut être individuelle. Elle ne peut être que collective. Il en va ainsi du rêve.  Le degré du rêve d’un pays, ne peut se mesurer  par la réussite de quelques individus, mais plutôt par l’intégration de toute la collectivité. Quand un rêve porte le nom d’un pays, c’est que c’est tout le pays qui doit rêver. L’actuelle crise économique née au États-Unis, et devenue aujourd’hui mondiale, est aussi l’une des conséquences du rêve américain. Les effets collatéraux ne sont pas que militaires.

Combien de professionnels immigrants qualifiés, se retrouvent dans la galère aujourd’hui, pourtant ils croyaient faire partie d’un pays qui allait rêver pour tous. Combien de diplômés africains, arabes ou latinos sont définitivement déçus d’un pays où ils ne sont pas reconnus à leur juste valeur. Que fait l’État québécois ou canadien pour remédier à cette honteuse situation?

Les autorités sont  au courant de cette injustice, pourtant, elles feignent d’ignorer le problème. D’où l’épineuse et sournoise  coloration qu’on serait tenté de donner à certains rêves. Exhiber un Noir, un Arabe, un Asiatique ou une femme de temps  à autre, pour montrer et démontrer que nous avons des modèles de réussite dans ces communautés, est une insulte à l’intelligence. Cela n’enlève en rien la valeur de ces individus. Mais, quand dans leur propre communauté, ils ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan (alors que dans ces mêmes communautés, nombreux  sont ceux qui sont valables et qualifiés), il faut se poser des questions. Élever les uns, pour mieux rabaisser les autres, cela ne date guère d’aujourd’hui.

Nous n’ignorons pas que beaucoup d’immigrants ont refait leur vie plus ou moins bien au Québec comme au Canada. Nous n’ignorons pas que le pays a été accueillant et bienveillant pour de milliers d’immigrants. Mais nous n’ignorons pas non plus la frustration et le drame de milliers de professionnels et des diplômés qu’on laisse au carreau. Ces derniers, n’attendent que la reconnaissance de leurs acquis, avec une soif plus que légitime pour servir leur pays d’accueil. Le pays a beaucoup à gagner en les intégrant, plutôt que d’en faire des professionnels et des diplômés zombis. Des zombis, qui ne passent pas pourtant pas inaperçus. Mais combien de vies ont été brisées dans ce rêve devenu cauchemar.

Il est possible de réaliser un rêve québécois ou canadien à l’instar du rêve américain. Mais, comme le rêve américain, ce rêve doit nous interpeller tous. Il sera un rêve du possible (Yes We Can). Un rêve d’intégration, de solidarité, de justice et de valeurs communes. Un rêve d’inclusion et non d’exclusion. Ce rêve, nous pouvons tous le rêver ensemble. Les yeux grandement  ouverts afin de bâtir une société plus juste et surtout plus humaine. Nous ne voulons pas d’un rêve qui exalte les uns et écrase les autres dans la «discrimination tranquille».


Voir les commentaires des autres blogueurs sur cet article

Les immigrants ne votent pas, est-ce vrai?

En matière de diversité, les médias canadiens mais particulièrement  québécois,  sont frappés d'une cécité, non seulement chronique, mais ils sont aussi  atteints d'aphasie et d'aphonie chronique.  Leur  présentation et leur  analyse  des faits et des réalités concernant les immigrants, sont toujours à géométrie variable, et souvent pathétique.

Le sensationnel dans ce milieu, toujours à la recherche du sensationnel (sans pléonasme bien sûr), prime souvent sur le réel, et la méconnaissance, encore plus.  À défaut de dire vrai, l'on médit, ou encore l'on cultive subrepticement et subtilement  le folklorique et le ridicule, afin d'amuser la galère. Mais aussi de provoquer (peut-être involontairement) des ressentiments. L'opinion publique, ça  se fabrique brique par brique.

Telle semble être la logique d'une presse, non seulement défaillante, mais surtout manquante vis-à-vis  de  sa propre déontologie. Une presse, victime de l'ère de la médiocrité, comme le soulignait si bien C. L. Sulzberger dans ses mémoires. C'est dire quoi, c'est dire qu'un diplôme de journalisme, ne fait pas le journaliste. C'est dire aussi, que certains journalistes ont besoin plus d'être informés bien, que d'informer mal.

D'ou  l'intérêt maintenant, et surtout la nécessité absolue, d'une autre presse. Une presse alternative, une presse libre, et surtout libérée des stéréotypes, des préjugés et de la dictature de l'argent propre aux presses dominantes et condescendantes. Des presses, qui ont déjà un lectorat acquis et conquis d'avance. Même  si ces influences sont faites  dans une aliénation la plus incongrue, la plus biscornue, et surtout la plus saugrenue.

Une presse en somme, dont la culture,  ne doit plus être limitée ou approximative comme on en constate de plus en plus, mais surtout  plurielle et multidimensionnelle, afin de livrer  une information digne du vrai journalisme. Une presse tout, sauf fastfood, or c'est ce que nous subissons en ce moment.

Les statistiques, sur le taux de participations aux dernières élections autant fédérales  que provinciales (se référer à Statistique Canada, Élection Canada, ou Élection Québec) prouvent un désintérêt de plus en plus grandissant de l'électorat face aux urnes.  Et ce désintérêt, n'a aucune coloration particulière comme semble vouloir l'affirmer certains. C'est plutôt un désaveu face au politique et à la politique.

Le droit de vote, chèrement acquis, n'interpelle plus le citoyen lambda.  Les politiciens considérés à juste titre d'ailleurs comme des marchands d'illusion, n'impressionnent que ceux qui croient encore au père Noël.  Le pouvoir, et l'opposition, finissent toujours par  se ressembler comme les deux faces  de Janus.

D'ou l'amenuisement  de ferveur, à l'appel du devoir sacré.  S'ajoute en plus, le choix du moment du déclenchement des élections, choix qui est toujours dicté, non par un impératif collectif, mais plutôt par un incitatif  partisan, au moment de  l'échéance du mandat électoral.  Court-circuiter les adversaires pour le pouvoir en place, pour mieux se curer en définitif afin de se faire encenser.

Les médias, répètent à l'envi que les immigrants ne votent pas. Et pourtant, ces mêmes médias ont répété aussi à l'envi  la fameuse déclaration de Jacques Parizeau sur le vote ethnique. Vote, qui a semble t-il sanctionné l'idéal souverainiste. Deux poids deux mesures diront les uns, ou volonté délibérée d'une manipulation médiatique propre aux adequistes (discours sur les accommodements raisonnables). Nous sommes tous finalement des immigrants (certains plus anciens que les autres), et les seuls de souche (jusqu'à preuve du contraire) sont les Premières Nations. Ethnique disait Parizeau. Mais nous sommes tous ethniques. Puisque ethnos en grec, ne signifie rien d'autre que peuple.

La tendance à l'heure actuelle est toujours de prendre les immigrants en otage. Pour les uns, ils sont des acquis, pour les autres des ostracisés, parce que n'adhérant pas à nos revendications. Mais ces études et affirmations ne sont basées que sur des préjugés.

Ce qui est certain, malgré l'absence d'une étude réelle sur le vote des immigrants, c'est que ces derniers ont toujours été enthousiastes de s'acquitter de leur devoir citoyen, devoir qui fait d'eux des citoyens à part entière et non pas entièrement à part.

Voir les commentaires des autres blogueurs sur cet article

Les couples mixtes sont nombreux au Québec

Du latin mixtus ou mêlé en français, la mixité a toujours accompagné l’être humain, mais aussi les espèces animales ou végétales.  Il suffit de penser seulement aux premiers colons et aventuriers, anglais, écossais ,irlandais ou autres européens venus coloniser ce vaste territoire devenu le Canada, pour mieux saisir l’ampleur du métissage dans ce pays. Territoire autrefois déjà habité, il en va de soi par des peuples péjorativement appelés Indiens devenus aujourd’hui les Premières Nations, les Canadiens d’aujourd’hui sont tous de prés ou de loin des sang-mêlé.


Le phénomène de mixité ne date guère d’aujourd’hui.  De l’homo sapiens sapiens actuellement à l’homo neandertalensis, l’aventure humaine a été le fruit des rencontres, des croisements, des fusions, d’assimilation ou d’intégration pour former cette espèce  que nous sommes aujourd’hui.


Une société ne peut  être statique, elle ne peut qu’être dynamique, et cela  pour sa propre survie.
L’immigration, même si elle répond à des impératifs économiques, on sait fort bien, qu’elle est aussi dictée par des attentes démographiques. Les États-Unis l’ont si bien compris qu’ils en font même l’étalage.


Le Canada ne peut pas être du reste. Son visage est en train de changer autant que celui de sa population. On n’en rencontre de toutes les couleurs, de toutes les cultures, et de nationalités différentes.  La notion de race aujourd’hui n’existe pas, puisqu’il n’existe qu’une seule race, c’est la race humaine.  De ces rencontres naissent des amours et des mariages, qui sont en train de donner un regard cosmopolite du pays.


 La question de savoir, s’il est possible de vivre une relation harmonieuse ou facile avec une personne d’une autre culture, ne se pose souvent qu’en termes de stéréotypes  et de préjugés, véhiculés toujours par des courants, des écoles de pensée sournoisement racistes. Cela n’exclut pas, des divergences (là ou il y a divergence, il peut aussi avoir convergence) dans ces rencontres, qui peuvent perturber certains rapports hérités non de l’intelligence mais du statu quo.  C’est ce qu’on a souvent tendance à appeler  le choc des cultures.  Mais cela est souvent surmontable, quand on regarde l’autre avec les yeux du cœur, et de l’esprit.  La meilleure communication, le dialogue, l’écoute et tant d’autres facteurs de respect et de compréhension feront le reste. D’ailleurs aucune vie de couple n’est facile.  Il faut toujours travailler quotidiennement les rapports de couple, autant que les rapports humains, car rien n’est acquis d’avance. Tout se construit et se bâtit au fur et à mesure.


Des couples  de même culture, peuvent avoir des appréciations  différentes et conflictuelles, mais cela ne sera jamais jugé de la même façon, que si l’un des membres du duo est d’une autre réalité. L’étranger de Albert Camus, ou le survenant de Germaine Guèvremont peuvent en témoigner sur ce qu’est l’autre.


 On s’enrichit toujours d’ailleurs au contact de l’autre.  Les problèmes de couple doivent se régler en couple et non avec les yeux de la culture, de la religion ou de la nationalité. Le Québec de demain autant d’ailleurs que le monde, ne peuvent avoir d’avenir que dans le métissage. Rendons hommage au chantre de la francophonie et de la négritude le poète Léopold Sedar Senghor, qui disait que l’avenir appartient au métissage. La mixité c’est la mondialisation en miniature, c’est  le prélude des changements de mentalité, et le métissage qui en résulte, la pierre essentielle  pour bâtir l’humanité de demain.


Nul ne peut mieux exprimer la richesse de la mixité que l’auteur  L. Sabbar. Son livre «le Fou de Sherazade» fait l’éloge de la mixité qui est pour lui plus que nécessaire. La mixité, comme le soulignait si bien Rachid Raïssi, est le déterminant commun de l’humanité. Le Québec ne peu plutôt que s’enorgueillir.


Voir les commentaires des autres blogueurs sur cet article

La diversité commente le départ de Mario Dumont

Mario Dumont a toujours  été un homme d’éclat, plutôt qu’un homme d’État.  Sa démission, ne pouvait guère étonner.  Une démission à la dimension  d’un homme qui sait cultiver avec aisance et suffisance son patrimoine politique.  Un patrimoine, hélas teinté d’un opportunisme propre aux sophistes.

Il faut d’abord se rappeler la démission (ou débauchage pour certains) de deux de ses députés. Ces derniers, qui ont rejoint  manu militari le Parti libéral  du premier-ministre Jean Charest, quelques semaines avant le déclenchement des dernières élections, ont été  vigoureusement  ostracisés par leurs collègues. Un sort toujours  réservé naturellement  aux  renégats.  Cela va aussi de soi.

Mais, ce qu’on doit retenir de la trahison de ces défroqués  de l’ADQ,  c’est qu’ils ont fait ressortir au grand jour le malaise qui régnait  au sein de leur parti. Un malaise étouffé par la discipline spatiale et stalinienne imposée par  la nomenklatura  adéquiste.

Maniant avec perfection la langue de bois, Mario Dumont a surfé sur un nationalisme de bas étage pour  se faire un capital politique.  L’occasion faisant le larron, le  débat sur les «accommodements raisonnables», qu’il a qualifié cyniquement d’ailleurs d’«accommodements déraisonnables», lui fournira les munitions nécessaires afin d’élargir sa base électorale.  Mais hélas pour lui, Jean Charest, en créant la «Commission Bouchard-Taylor sur les Accommodements raisonnables», a fini par le neutraliser.  D’ailleurs Mario Dumont, n’a même pas eu le courage de présenter un mémoire à la Commission.

Sa débâcle aux dernières élections a sonné le glas de ses ambitions de diriger le Québec.  Il a eu le courage de prendre, au moins pour une fois dans sa carrière politique, tout le blâme.

L’annonce de son embauche par TQS est un grand coup pour une télévision qui en a vraiment besoin.  Une chaîne qui a coupé l’année dernière la plupart de ses services autant en région que dans la métropole. Une télévision pour qui les nouvelles (l’information) ne sont pas une priorité. 

Un homme politique, qui se veut défenseur du peuple, tel que le clame urbi et orbi Mario Dumont, peut-il accepter l’offre d’une telle télévision ?

Mario Dumont quoique que populiste, ne peut être considéré comme un homme politique d’une grande envergure.  D’aucuns diront surement, qu’il faut prendre quand même en compte son poids politique au Québec. Mais cet argument, peut être  aussi valable pour plusieurs partis d’extrême droite en Europe ou ailleurs dans le monde.

En tout cas, c’est avec  hâte que nous attendons «Dumont 360», c’est le nom de son émission qui sera présentée en septembre prochain.

Voir les commentaires des autres blogueurs sur cet article

Rencontre historique à Ottawa entre deux chefs d'États noirs

La rencontre entre Michaëlle Jean et Barack Hussein Obama  dans la capitale canadienne ce jour glacial du 19 février, rentre désormais dans le cadre des événements, qui feront date  dans l'histoire. Barack Obama et Michaëlle Jean se sont apprivoisés, il est sûr et certain qu'il ne pourra jamais oublié que le premier chef d'État qu'il a rencontré est la gouverneure générale du Canada. Le courant semble passé. Très bien même d'ailleurs. On comprend pourquoi une presse à sensation cherche à savoir qu'est ce que les deux chefs d'État se sont dit finalement entre eux, pour que le courant passe si bien..

Les deux chefs d'État, n'oublions pas de le souligner, sont les dignes héritiers de Jean-Jacques Dessalines.  Premier président haïtien, l'homme qui a été le fondateur de la première république noire en janvier 1804, fut aussi le premier chef d'état noir, non seulement en Amérique du Nord, mais aussi le premier noir chef d'état de l'hémisphère occidental.  L'histoire était déjà là, et le chemin déjà  tracé.

C'est donc   le meilleur exemple que l'Amérique du nord, vient de donner au monde en ayant à sa gouverne deux personnalités d'origines africaines.

Alors qu'en Europe, ou les  Noirs sont toujours relégués dans des rôles folkloriques, ou encore ne sont  là que pour inaugurer  les chrysanthèmes ou orner les décors, le Canda et les États-Unis ont à leur tête deux personnalités noires.  Des personnalités autant fortes, que convaincantes.

Alors qu'en Europe, ou  la nomination d'un Noir même dans un rôle purement esthétique ou figuratif fait les manchettes (on retrouve certes les Noirs dans le musical ou  le sportif, en dehors de cela...niet comme disent nos frères russes), on ne s'étonne guère ici en Amérique du Nord de voir des personnalités noires accéder au sommet des hiérarchies.

Il suffit de se rappeler les visages d'André Young (ancien maire d'Atlanta et ancien représentant  des États-Unis aux Nations unies), de Suzanne ( aussi Rice ,ancienne  sous-secrétaire d'état et actuellement ambassadrice des États-Unis aux Nations unies) et de Condoleezza  Rice (ancienne secrétaire d'état sous l'administration Bush fils), de Colin Powell (ancien secrétaire d'État sous Bush fils en 2000) ou d'Oprah  Winfrey (la vedette incontestée des médias américains) pour comprendre le décalage qui existe entre la vieille Europe impériale et l'Amérique du nord.

Alors qu'on n'est plus surpris aujourd'hui de voir en Amérique du Nord (principalement aux États-Unis) des noirs diriger de  grandes entreprises, des banques ou encore forts représentés dans l'économique, le politique, le culturel ou l'éducatif, la nomination en France de Ramatoulaye  Yade  dévient un événement. Tout comme de voir en 2006 Harry Roselmack  le  premier noir à présenter le journal (le fameux 20 heures incarné par Patrick Poivre d'Arvor) de TFI. Ou encore d'Elizabeth Tchoungui.

Les Martiniquais, les Guadeloupéens, les Guyanais, les Tahitiens, les Calédoniens, les Mahorais   ou les Réunionnais, qui sont pourtant Français, sont véritablement sous représentés dans les postes de responsabilité. On ne peut que mieux comprendre la colère des Guadeloupéens, qui fait remonter aujourd'hui en surface la question coloniale, mais surtout la question raciale d'une France compartimentée.

Mais cela, n'est pas seulement le propre de la France.  La Grande Bretagne, l'Italie, la Belgique, le Portugal ou l'Espagne pour n'en citer que ceux là, détiennent le triste record du non intégration de leur citoyen d'ascendance africaine.

N'en parlons même pas des pays arabes, qui sont les champions incontestables et incontestés d'un racisme qui ne dit pas son nom. Un racisme impitoyable mais toujours sournois, dont l'islam sert de camoufler égalitaire.  Il en est de même de l'Australie et de la Nouvelle Zélande, trop éloignés pour que les médias s'en émeuvent.

L'élection de Barack Hussein Obama (une véritable révolution), ou la nomination de  Michaëlle  Jean comme chef d'état du Canada, ne peuvent donc que servir de lampadaire à tous ces pays qui ont relégué leurs ressortissants noirs au second rang.  Des citoyens de seconde zone comme on le dit. Des citoyens pourtant qualifiés et qualifiables.

C'est dire combien c'était émouvant de voir  Michaëlle Jean, chef d'état du Canada d'origine Haïtienne, accueillir Barack Hussein Obama chef d'état américain d'origine kényane.   C'est la victoire de la diversité sur l'ignorance. La victoire de l'intelligence sur les préjugés. La victoire de l'espoir sur le désespoir.

Michaëlle Jean (qui a le sens de l'histoire), a tenu à attirer l'attention de son collègue sur la situation de son pays d'origine : Haïti. C'est d'ailleurs le meilleur service, que cette dernière a rendu au pays de ses ancêtres.

Voir les commentaires des autres blogueurs sur cet article

 




Ajouter cette page à vos réseaux
Reddit! Del.icio.us! Mixx! Free and Open Source Software News Google! Live! Facebook! StumbleUpon! Yahoo! Free Joomla PHP extensions, software, information and tutorials.
 
Publicité
Bannière
Publicité
Bannière

Commentaires les plus récents

RSS

MosaïZOOM

 

TOP 20 de la Diversité: un Palmarès encore plus impressionnant pour 2013

MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) - Une nouvelle cuvée du prestigieux palmarès des "Plus Grandes Personnalités de la Diversité de l'Année" a été  révélée officiellement le 31 décembre. Cet exercice passionnant, qui est à sa deuxième édition, est le fruit d'une vaste enquête au cours de laquelle les réalisations de plus d'une centaine de leaders ont été scrutées à la loupe.

 

«Charte des valeurs»: le budget de la «Com» en dollars (EXCLUSIF)

MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) – La campagne publicitaire du gouvernement autour de la "Charte des valeurs québécoises" bat son plein dans les médias de la Province. Si plus d'un savait qu’un budget avoisinant les deux (2) millions de dollars a été décaissé pour promouvoir le document controversé, on se fait désormais une petite idée de la répartition de cette somme.

 

«Être chinois» crée du buzz au Québec

MONTRÉAL (MÉDIAMOSAÏQUE) - Salle archi-comble le 15 février dernier au Centre communautaire et culturel chinois de Montréal! Tant à l'extérieur que dans les escaliers, voire dans la salle ou se déroulait la grande première du film «Être Chinois au Québec», c'était la cohue. On pouvait dénombrer entre 500 et 600 personnes, avait constaté sur place l’Agence de presse Médiamosaïque.

 

La recette du «cube Maggi» pour des fesses rondes et sexy

MONTRÉAL - Les fesses super rondes exhibées par certaines Africaines ne seraient pas toutes «naturelles». Ce n'est pas une blague, des Congolaises, pour la plupart, se serviraient du cube Maggi, très utilisé dans la cuisine tropicale, par voie anale pour arrondir leur postérieur.