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Jeudi, 17 Mai 2012
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Le séisme du 12 janvier 2010 survenu en Haïti n’est pas que révélateur de l’extrême fragilité des structures étatiques et de la très grande vulnérabilité de la population de ce pays régulièrement confrontée aux cyclones et aux tremblements de terre. À l’analyse, ces cataclysmes naturels offrent aussi et surtout l’occasion de comprendre pourquoi l’indépendance de la très nostalgique « Perle des Antilles » est considérée, par la propagande médiatique simpliste dominante, comme une faillite à cause de la tyrannie, la mauvaise administration, l’incurie, la gabegie et la corruption des classes politico-administratives pigmentocratiques qui se sont succédées à la tête du pays depuis l’affirmation de sa liberté le 1er janvier 1804.

Si le sens commun exige que l’on accepte les conclusions de cette propagande, le bon sens, au contraire, commande de traiter cette exigence avec soins et diligence. C'est-à-dire que l’étiologie du séisme social et politique quasi permanent qui caractérise ce pays depuis son accession à la souveraineté, ne doit pas être expliquée par la surdétermination des facteurs négatifs internes. Pour ne point escamoter la recherche du lien causal, il y a lieu d’effectuer également une descente sur le terrain des rapports internationaux d’Haïti.

Force est alors de constater pour l’observateur de bonne foi, fut-il myope ou frappé de cécité intellectuelle, que la confluence de nombreux cataclysmes naturels qui l’ont régulièrement frappé et la défaillance de sa direction politico- administrative n’est pas la clef fondamentale donnant accès aux raisons de l’insuccès de la construction de l’État haïtien. Le lien causal fondamental de la dégénérescence sociale et politique en « Terre des hautes montagnes (Ayiti) » subsiste aussi et surtout en le fait qu’Haïti est la cible constante d’une sorte d’alliance ou de coalition euro-occidentale haineuse depuis son indépendance.

Il suffit,  pour s’en convaincre, de scruter les rapports internationaux de cet État qu’il est convenu d’appeler désormais la « première République africaine » outremer. Force est alors de réaliser qu’inlassablement la « Perle des Antilles » a été érodée par l’hostilité, parfois sournoise, mais le plus souvent manifeste, des États-Unis d’Amérique alliés à des pays de l’Europe de l’Ouest contre son indépendance.  Ces États euro-occidentaux, depuis le 1er janvier 1804, n’ont toujours pas digéré le fait que le Peuple haïtien, sous la direction de DESSALINES, J.-J. (1758-1806), ait infligé, par la bataille de  Vertières du 18 novembre 1803, la première défaite significative à l’esclavagisme et au colonialisme comme prélude à la proclamation de la première République fondée dans le monde occidental par des Africains.

Aussi, se sont-ils évertués, par toutes sortes d’actions corrosives, allant du refus de reconnaissance à l’organisation par coups d’État de l’instabilité politique, en passant par l’imposition de lourdes indemnités, l’occupation militaire et le soutien aux régimes tyranniques, à faire d’Haïti l’instrument de leur politique didactique destinée à prouver surtout aux Subsahariens, mais également aux Amérafricains ayant déjà manifesté, contre le racisme endémique, la volonté de créer un État indépendant,  que les Noirs ne sont pas capables de se gouverner par eux-mêmes. Haïti, devenue pour ainsi dire la leçon de choses destinée à l’Afrique subsaharienne toute entière, doit donc être maintenue vaille que vaille dans l’incapacité de se construire.

Pays ainsi terrassé initialement, à peine vingt (20) ans après son indépendance contre « reconnaissance », par l’impitoyable « indemnité de dédommagement des anciens colons » de « 150 millions de franc-or », soit 22 milliards de dollars américains, payables en cinq ans, concédée le 17 avril 1825 par Jean-Pierre BOYER (1776-1850) sous la pression du roi français CHARLES X (1757-1836), Haïti est plaquée au sol par l’occupation étatsunienne de 1915 à 1934 avant d’être enfoncée dans le sol par la tyrannie des DUVALIER (1957-1986). Voulant se relever et sortir de son marasme social et politique le 16 décembre 1990 par un retour à une vie constitutionnelle normale grâce à l’élection  du prêtre Jean-Bertrand ARISTIDE, le sieur Raoul CÉDRAS, sous la houlette de la CIA, anéantissait l’espoir d’un tel retour, avant que le kidnapping et l’exil forcé du prêtre président en Afrique du Sud en 2004 ne mette Haïti sous tutelle de l’ONU.

Le sort ainsi réservé à Haïti est-il également celui que connaîtra l’Afrique subsaharienne? Bien qu’il n’y ait plus d’espace pour répondre, à la satisfaction du lecteur, à une telle question, il ya lieu de répondre par l’affirmative; car ce continent, en mal de se défaire de sa cartographie politique dessinée en 1885 par des colonisateurs et devenue, à l’ère des indépendances formelles, la proie favorite des animateurs de guerres privées,  est absolument orphelin de tout leadership politique, tout comme il est également dépourvu de toute capacité de défense autonome. Aussi, les Subsahariens sont-ils toujours à la merci de ceux qui ne voient, dans leur continent, qu’une simple réserve de matières premières ou, encore, un marché de consommation toujours prometteur.

Longueuil le 5 février 2010 – DIARRA  Bakary N’Badiallah (Boniface)

 

MEDIAMOSAIQUE.Com/ Du même auteur

 

 

PHOTO MEDIAMOSAIQUE.Com /Cr Google (à droite, le bicolore haïtien et, à gauche, une vue cartographique montrant les différents États du continent africain) 

 

 




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