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Jeudi, 17 Mai 2012
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Les autorités de Port-au-Prince, de même que les entrepreneurs haïtiens, viennent de lancer leur campagne de charme à Montréal les 7 et 8 octobre derniers dans le but de s’attirer les premiers investissements québécois dans l’île caraïbe. Ces derniers ont exploité à fond la tribune qui leur a été offerte par Incas Productions Inc. pour séduire le secteur des affaires du Québec qui tarde encore à se familiariser avec les canaux institutionnels financiers, économiques et juridiques haïtiens.

 

Les Québécois invisibles en affaires là-bas 

Faute d’audace ou d’initiatives, vraisemblablement, les Québécois ou les détenteurs de capitaux du Québec affichaient jusque-là une attitude de looser en Haïti en laissant toute la place aux Américains ou aux Français qui brassent des affaires d’or ou qui s’apprêtent à le faire dans le processus de la reconstruction de ce pays. Un non-sens pour certains quand on sait que cette province francophone du Canada peut s’enorgueillir d’avoir été la plus généreuse au monde (en termes de contribution per capita) envers Haïti lors du séisme dévastateur du 12 janvier dernier.

Témoin, en tant qu’Haïtienne vivant au Québec, de la sympathie naturelle et de la fraternité historique liant les deux peuples, la journaliste de carrière Nancy Roc a jeté un pavé dans la mare après avoir remarqué que personne, a-t-elle insisté, n’avait eu auparavant l’idée de mettre les vrais acteurs autour d’une table afin de démystifier le processus. Mme Roc n’était toutefois pas la seule à faire un tel constat, l’ambassadeur du Canada en Haïti, Gilles Rivard, était aussi du nombre.  

En effet, le représentant d’Ottawa dans la capitale haïtienne, qui avait fait le déplacement spécialement pour l’occasion, avoue avoir également découvert qu’il n’y avait pratiquement pas d’entrepreneurs québécois, à part quelques hommes d’affaires canadiens provenant du Canada anglais, mais pas encore d’hommes d’affaires québécois en Haïti. Un paradoxe surprenant, vu le poids numérique considérable de la communauté haïtienne au Québec, a considéré le diplomate qui a, cependant, exigé un renforcement de la sécurité et une refonte du système judiciaire haïtien.

 

Des acteurs clés face-à-face

Ce forum, organisé en partenariat avec l’Ambassade d’Haïti au Canada et le Consulat d’Haïti à Montréal, en collaboration avec les chambres de commerce, dont la JCCH (Jeune chambre de commerce haïtienne), la CCIHC (Chambre de commerce et d’industrie haïtiano-canadienne) la FCCQ (Fédération des chambres de commerce du Québec) et commandité, entre autres, par Digicel Haïti, le gouvernement du Québec,  a permis aux investisseurs québécois et canadiens d'évaluer avec leurs homologues haïtiens les secteurs où les investissements se font attendre et rencontrer les personnes clés du gouvernement haïtien.

La présence de la titulaire du ministère haïtien du Commerce et de l’Industrie, Josseline Colimon Féthière, de l’équipe du CFI (Centre de facilitation des investissements), a énormément contribué à faciliter les choses en ce sens, a noté Nancy Roc qui juge que ces échanges «ont produit beaucoup plus de résultats concrets que toutes les grandes rencontres internationales autour de la reconstruction d’Haïti» auxquelles elle affirme avoir assisté depuis le séisme.

 

Le «business» versus «l’humanitaire»

En entrevue à l’Agence de presse «Média Mosaïque», la directrice exécutive de la firme Incas Productions Inc., qui répète à l’envi,  «n’avoir surtout pas voulu faire un forum pour un forum», estime, en effet, que les sommets post-séisme sur Haïti «étaient essentiellement politiques, avec des promesses d’argent faramineuses pourtant sans résultats concrets sur le terrain».

«Ce qui est important à l’heure actuelle pour Haïti, ce dont Haïti a vraiment besoin, c’est des emplois et des emplois de qualité», a-t-elle poursuivi en paraphrasant le PM haïtien, Jean-Max Bellerive, qui avait déclaré lors de son passage au Québec que «l’humanitaire dure pour un temps alors que le business c’est pour longtemps. Jean-Max Bellerive avait invité les entreprises québécoises à venir prendre, et je cite, leur part du gâteau de la reconstruction».

 

Impacts de ce sommet au Québec

L’initiative d’Incas Productions Inc. et l’impact évident qu’il a eu dans la presse canadienne et québécoise, ont-ils été suffisants pour donner le coup de barre susceptible de changer la donne économique Québec-Haïti? Invitée à répondre à cette question, l’instigatrice de ce premier forum d’affaires à succès, qui s’est tenu au 420 Sherbrooke-Ouest à Plaza Holiday Inn, y croit dur comme fer. Nancy Roc estime avoir trouvé le maillon qui manquait à la chaîne de ces éventuels échanges.

Par ailleurs, même s’il est nord-américain, le modèle québécois est de loin le plus proche du système économique haïtien, a comparé Mme Roc qui a évoqué le panorama entrepreneurial québécois au sein duquel les PME (petites et moyennes entreprises) jouent un rôle pivot dans l’économie. Le banquier haïtien bien connu, Charles Clermont, vice-président de développement de nouveaux projets de la Sofidhes, partage également un tel avis. À noter que, «95% des entreprises québécoises sont des PME», avait récemment évalué la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), entendez par-là «50 employés et moins».

 

Le cas Digicel

La participation et la contribution de la multinationale Digicel, en vue de la réalisation et de la tenue de l’événement à Montréal, ont lourdement pesé dans la réussite de ce sommet.  L’organisatrice du Forum Québec-Haïti n’a eu que des mots flatteurs pour cette jeune entreprise qui, dans un inimaginable court laps de temps, est devenue le plus grand réseau de cellulaires en Haïti.

En effet, la présence et les témoignages des représentants de Digicel à cette rencontre, ont simplifié la tâche aux hommes d’affaires québécois qui, par le passé, se souciaient des suites d’une éventuelle délocalisation de leurs capitaux vers ce pays de la Caraïbe où l’instabilité politique a plutôt tendance à faire fuir les investissements.  L’intervention de Greg Van Koughnett, chef du conseil juridique et réglementaire au Commonwealth Eastern de la Digicel, a eu des échos retentissants dans l’assistance et dans les médias canadiens, a noté l’Agence de presse «Média Mosaïque».

MEDIAMOSAIQUE.Com Articles reliés:

 

PHOTOS MEDIAMOSAIQUE.Com/Cr R.Véus (de gauche à droite)

( En haut, le député de Viau Emmanuel Dubourg, la ministre haïtienne du Commerce Josseline Colimon Féthière, la directrice exécutive d'Incas Productions Nancy Roc, la chagée d'affaires d'Haïti à Ottawa Nathalie Gissel-Ménos, le consul d'Haïti à Montréal Pierre-Richard Casimir)

(En bas, le ministre haïtien E.Paraison, Jean Pierre Coljon du cabinet de la ministre québécoise, Gagnon Tremblay, des Relations internationales du Québec, la ministre haïtienne du Commerce et de l’Industrie, Jocelyne C. Féthière, Nancy Roc, fondatrice et directrice exécutive d’Incas Productions Inc., Nathalie G. Menos, chargée d’affaires a.i, Ambassade d’Haïti au Canada, Charles Clermont, vice-président de la Sofidhes et Pirre-Richard Casimir, consul d’Haïti à Montréal)

 




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Commentaires  

 
0 #2 Gilbert 2010-10-19 21:45 Mwe dako ak Maryse ! C'est ce genre d'initiative dont nous avons besoin non seulement pour projeter une autre image d'Haïti mais pour démontrer que les Haïtiens peuvent se prendre en main. Mme Roc était déjà une journaliste hors paire dont Haïti est fière. Nous lui souhaitons bonne continuité dans sa nouvelle entreprise et sommes surs qu'elle y dédiera autant de sincérité et d'énergie qu'elle l'a fait depusi tant d'années dans le journalisme. Ayti an anvan ! Citer
 
 
0 #1 Maryse 2010-10-19 14:16 Chapo, ayibobo pou jan de aktivite sa yo! nou pap janm bouke vanse menm si yo kase pye nou, nou pito trenen sou vant tankou koulev. Toussaint l'avait dit:"En me renversant on a abattu que le tronc de l'arbre, il va repousser car les racines sont nombreux et vivaces". Je crois fermement que notre patrie renaitra de ces cendres! Citer
 

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