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Lundi, 21 Mai 2012
Accueil Seismes Haiti Le cauchemar haïtien à Montréal: de Polytechnique à Cristina

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Quelques semaines après le colloque « Reconstruire Haïti-Horizon 2030 », à « saveur savante » pour certains, tenu les 4 et 5 mars derniers dans les hauteurs de l'École Polytechnique à l’Ouest de Montréal, on a eu droit les 23 et 24 avril écoulés dans l’Est de la ville à une «conférence populaire» au buffet Cristina. Décidément, il y a lieu de dire que les forums post-séisme sur Haïti se multiplient dans la métropole québécoise, non sans polarisation en toile de fond.


Le «peuple» a-t-il été au rendez-vous?

La convocation de Cristina, faite par les responsables de la  radio haïtienne de Montréal CPAM, n’a pas réussi à attirer la grande foule. Ce qu’a d’ailleurs reconnu Ismaël Rebert, un des initiateurs de cette «conférence populaire» et analyste à CPAM. «J’aurais bien aimé voir une plus forte participation populaire à ces discussions qui visent à dessiner les contours de la nouvelle Haïti», a regretté Rebert qui œuvre au sein de la fonction publique fédérale, mais très engagé dans sa communauté d’origine.

Remerciant le millier de personnes ayant pris part à ces assises et ceux qui ont pris la peine de vivre l’événement en direct sur les ondes de CPAM, Ismaël Rebert leur annonce malgré tout que «cela constitue un bon début». Il insiste pour dire que cette expérience prouve une fois de plus la nécessité d’avoir de solides organisations au sein de la diaspora.


Profil des dignitaires présents

Contrairement à celle qui s’est tenue à Polytechnique les 4 et 5 mars derniers, qui avait accueilli une impressionnante délégation gouvernementale, présidée alors par nul autre que le chef du gouvernement haïtien, Jean-Max Bellerive, celle du buffet Cristina a été moins courue. Côté haïtien, la «conférence populaire»  a été honorée uniquement par la présence du maire de Port-au-Prince, Jean-Yves Jason. Même le consul haïtien de Montréal Pierre-Richard Casimir n’y était pas. A-t-il été invité, la question reste posée?

Il faut dire, en revanche, que les responsables de la société d’accueil n’avaient pas fait grise mine à cette «conférence populaire» sur Haïti. Plusieurs officiels du gouvernement du Québec, dont les ministres Pierre Arcand (Relations internationales), Line Beauchamp (Environnement). Le député de Viau, Emmanuel Dubourg (PLQ), la chef du PQ s’était fait représenter quant à elle par le député de Deux-Montagnes, Benoît Charrette.

  

Conférence populaire : pour quoi faire?

L’objectif d’un tel format de conférence visait d’abord et avant tout à donner la parole aux citoyens. «Au lieu de nous lancer dans une conférence d’experts nous avions préféré organiser une conférence populaire», a précisé Jean-Ernest Pierre, le président directeur général de CPAM en entrevue à l’Agence de presse «Média Mosaïque».

Pour ce faire, les organisateurs ont délibérément écourté le temps qui était imparti aux spécialistes pour donner libre champ aux gens, toutes sphères sociales confondues, qui n’attendaient que ça pour faire valoir leur mot dans le dossier de la reconstruction. Bon nombre d’entre eux ont d’ailleurs applaudi le fait que le créole était permis par moments pour faciliter la tâche à certains locuteurs lors de ces échanges.


Une démarche désintéressée?

Précisant ne pas vouloir s’engager physiquement «dans le béton de la reconstruction», (entendez par là, aucune motivation souterraine visant en filigrane l’obtention d’éventuels contrats juteux en Haïti), le No un du 1610 AM laisse entendre que sa démarche consiste à incuber, générer des idées susceptibles de changer le cours des choses dans son pays d’origine, de trouver le cadre idéal pour rééquilibrer les rapports entre la diaspora et l’alma-mater.

Toutes les recommandations des experts et celles du public sont en train d’être colligées et le tout sera acheminé aux autorités de Port-au-Prince afin que celles-ci tiennent compte des vues exprimées, non seulement par Montréal, mais aussi par des représentants de plusieurs autres villes nord-américaines présents à cette conférence, a promis Me Pierre.

  

Réplique de Cristina à Polytechnique?

Ne pouvant nier la rivalité larvée entre son groupe et celui du professeur Samuel Pierre, dont la conférence à Polytechnique a été qualifiée par plus d’un de succès, le PDG  de CPAM tient à rappeler que l’idée de la tenue d’une conférence haïtienne à Montréal sur Haïti a été d’abord lancée à l’émission «Paroles d’Haïtiens» diffusée sur sa station dans les jours ayant suivi le séisme.


Jean-Ernest Pierre affirme que son équipe avait tenté en vain de prendre contact avec les organisateurs de la conférence de Polytechnique. S’il  admet que «ça serait toujours mieux si tous les Haïtiens pouvaient parler tous d’une seule voix», il dit déplorer, en revanche, «l’existence de groupes d’intérêts qui favoriseront toujours la polarisation». Il y voit tout de même un aspect positif en soutenant que «c’est bien aussi, dans la mesure où tous les fils du pays pensent ou s’intéressent à son bien-être».

  

Suivi de la conférence de Polytechnique

Entretemps, comme annoncé lors de la fin de ses travaux ayant eu lieu les 4 et 5 mars derniers, le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN)  qui s’active sous la férule de l’ingénieur Samuel Pierre met la table en vue de la tenue du suivi du colloque « Reconstruire Haïti-Horizon 2030 ».

Estimant que cet exercice avait attiré plus de 600 personnes à l’École de Polytechnique de Montréal, les responsables du GRAHN, dans un communiqué reçu à la rédaction de l’Agence de presse «Média Mosaïque», projettent plutôt d’organiser «une conférence internationale les 20 et 21 mai prochains à l’École Polytechnique de Montréal».

Tous ceux qui souhaiteraient participer aux assises du 20 et 21 mai au cours desquelles «les différents comités thématiques du GRAHN présenteront aux participants les résultats de leur réflexion» peuvent le faire  au www.haiti-grahn.org.  À noter que les organisateurs de la «conférence populaire» envisagent de diffuser tous les contenus relatifs à leur initiative au www.conferencedeshaitiensdemontreal.com.

 

 

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PHOTO MEDIAMOSAIQUE.Com (En haut, Me Jean-Ernest Pierre, président de la Conférence populaire des Haïtiens de Montréal, à droite, le responsable du Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN), l'ingénieur Samuel Pierre. En bas, une vue de l'assistance du samedi 24 avril à Cristina) 

 




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Commentaires  

 
0 #1 Fanm Fò 2010-05-04 03:30 Il n'y a pas de compétition entre un joueur de tennis et un joueur de football, parce qu'ils évoluent dans deux disciplines différentes.

c'est la même chose entre le groupe de CPAM et le groupe de Polytechnique, ils n'ont simplement pas la même approche et ne visent surtout pas les mêmes objectifs.

L'un veut se positionner, s'exhibe et s'autoproclame leader, alors que l'autre travaille sérieusement à apporter des solutions concrètes, à faire sa part.

L'un bluffe et l'autre est sincère. L'un recherche son intérêt mesquin à court terme, surtout l'argent et la gloire, alors que l'autre vise l'intérêt du plus grand nombre.

Vraiment, il n'y a pas lieu de comparer deux groupes qui n'ont rien en commun, excepté de faire partie d'une même communauté.
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