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Vendredi, 03 Septembre 2010
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Accueil Seismes Haiti «Parrainage humanitaire» : un cadeau empoisonné à la communauté haïtienne?

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Yolande James se défend d’avoir offert un cadeau empoisonné à la communauté haïtienne. Au contraire, le gouvernement du Québec s’est montré extrêmement  généreux envers les Haïtiens qui ont été durement éprouvés par le séisme du 12 janvier, a estimé la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles.

En effet, près de deux mois après le tremblement de terre qui a ravagé Haïti, aucun des réfugiés ou parrainés prévus dans le cadre du  programme mis en branle récemment par Québec n’a encore foulé le sol québécois. Si la ministre Yolande James ainsi que son homologue canadien Jason Kenney rassuraient que tout allait être fait (un délai d'environ 3 mois dans le cas de M.Kenney) pour faciliter les choses, les lourdeurs administratives inhérentes au programme semblent alourdir le processus.

Dans une entrevue exclusive accordée à l’Agence de presse «Média Mosaïque», la ministre fait le point autour du programme et répond aux inquiétudes manifestées par bon nombre de gens dans la communauté haïtienne. Ci-dessous, l’intégralité de cet entretien entre notre journaliste Donald Jean et  la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James.

 

 

VERBATIM DE L'ENTREVUE

 

Donald Jean : Mme la ministre, bonjour
Yolande James :  Bonjour M.Jean, bonjour Média Mosaïque!

 

*Question : On est à près de deux mois après le séisme, le processus que vous avez adopté pour faciliter l’arrivée de personnes sinistrées au Québec semble être pas mal long, pas vrai Mme James?

Yolande James : Je ne dirais pas long, parce qu’il faut remonter le cours des choses pour voir l’ensemble des gestes qui ont été posés par notre gouvernement depuis la catastrophe. Le gouvernement du Québec a mis sur pied la cellule de crise, la situation des étudiants, l’adoption internationale, ainsi que l’immigration. Les formulaires sont disponibles depuis le 17 février et que les gens peuvent faire leurs demandes. On est là pour les accompagner à la fois dans les différents centres à Montréal, sur la Rive Sud, à Laval et partout au Québec.

 

*Question :Mise à part la lenteur du processus, les gens estiment que c’est trop coûteux, bon nombre de gens estiment que les montants faramineux que vous réclamez ne sont pas applicables à la communauté haïtienne, qui n’est sans doute pas la communauté la plus fortunée Mme James...

Yolande James : C’est une question d’équilibre, je redis qu’il s’agit d’une réponse exceptionnelle à une situation exceptionnelle. Cela tient compte de ce que la diaspora et de ce que la société d’accueil a exprimé aussi. Je ne rends service à personne en laissant rentrer au Québec des personnes qui ne seraient pas capables de s’intégrer à la société. C’est l’équilibre qu’il faut respecter. Ça prend absolument un niveau de revenus démontrant que le répondant est capable de prendre soin de son unité familiale et qu'il dispose de revenus supplémentaires pour s’occuper de la personne parrainée.

Et justement, pour venir en aide aux personnes qui n’ont pas assez de revenus, j’ai adopté la clause tiers-garant de façon exceptionnelle en fonction de la situation en Haïti en permettant à une personne qui n’est pas membre de la famille de cautionner financièrement un répondant qui n’aurait pas les revenus exigés.

 

*Question : Vous réclamez près de 68 000 de revenus annuels à un couple qui a 2 enfants et qui souhaite faire rentrer 2 personnes sans compter les frais pour le traitement des dossiers 500 du fédéral, 250 pour Québec et 150 pour chaque sinistré, mais c’est une fortune pour bien des gens, vous admettez?

Yolande James : Je me rappelle l’avoir dit dès le début : en quoi rend-on service à la famille au Québec à la famille qui vient d’arriver si on n’est pas capable d’en prendre soin? On part de ce principe-là pour exiger ces revenus, mais il y a plein de Québécois de toutes origines qui ont fait preuve d’une grande générosité et qui ont manifesté une volonté de venir en aide aux gens, alors pour ces personnes en difficulté il y a la clause du tiers-garant qui peut grandement aider dans ces circonstances.

 

*Question : Sur quoi vous vous basez Mme James pour choisir les 3 000 personnes. On sait que même pour le Kosovo, dont les liens avec le Québec ne sont pas aussi étendus, on avait accepté d’héberger 5000 d’entre eux, n’est-ce pas?

Yolande James : C’est sûr que le 3000 c’est le chiffre maximal. Il ne faut pas faire des comparaisons comme ça en parlant du Kosovo parce que chaque situation est différente. Le 3 000-là, c’est juste pour ce programme spécial. En plus de ça, le programme général de réunification familiale se poursuit avec 1500 dossiers actuellement en cours et les gens continuent à faire des demandes, sans compter les travailleurs qualifiés.


*Question : Pour les dossiers de réunification familiale déjà en cours dont vous parlez justement, ne pensez-vous pas qu’il y a bien de ces gens qu’on voulait parrainer qui sont morts lors du séisme?

Yolande James : Pas juste les cas qui sont en cours, les gens peuvent continuer à  faire des demandes, ça n’affecte pas le programme spécial  qu’on vient de mettre sur pied pour Haïti. Tout ça pour dire quand on regarde la somme des actions, cela démontre qu’on a été extrêmement généreux envers la comunauté haïtienne.

Je comprends que bon nombre de gens soient déçus, mais vous admettez également que je serais incapable de dire qu’on va répondre aux besoins de tout le monde parce que c’est tellement énorme la situation d’Haïti maintenant et ça prend les efforts de tous. Le gouvernement du Québec fait sa part et on a aussi entendu les déclarations du premier-ministre Jean-Max Bellerive et du président Préval qui font remarquer qu’il y a un équilibre à chercher, à savoir que tout le monde ne peut pas quitter Haïti, car il en faut pour la reconstruction du pays.


*Question : Pensez-vous que la communauté haïtienne aurait pu bénéficier davantage s’il y avait eu un gouvernement du Parti québécois (PQ) à Québec?

Yolande James : Écoutez, je l’ai dit dès le départ que dans cette situation-là où l’on a vu l’immense souffrance de la population d’Haïti et de la communauté haïtienne qu’il n’était pas une question de faire de la partisannerie politique. Au-delà des couleurs politiques, quand on a posé nos gestes, que ce soit en matière d’immigration, il n’était pas question de faire de la politique partisane, c’était plutôt de voir rapidement dans les circonstances les gestes à poser.


*Question : La chef du PQ, Pauline Marois, avait même demandé à Québec de défier Ottawa qui ne voulait pas lâcher du lest sur cette question et la communauté haïtienne était bien déçue de la position de Stephen Harper et de Jason Kenney?

Yolande James : Comme je vous le dis, il n’était pas question de faire de cette question-là un enjeu politique et partisan. Dans tout ce drame, ce qui m’a guidée c’était de me dire quel est le maximum d’efforts  que je peux faire pour venir en aide à la communauté haïtienne. On a vu que le premier-ministre était très ouvert, on a vu son action, une cellule de crise a été mise sur pied. Je dois vous dire franchement que j’ai pas en tête de partir en chicane avec qui que ce soit. L’essentiel c’est de voir ce qui doit être fait pour aider les gens.


*Question : Mme James, vu que votre programme spécial en matière d’immigration ne répond clairement pas aux besoins  d’une majorité de gens dans la communauté haïtienne, pensez-vous qu’il y a une possibilité de le modifier dans les jours à venir?

Yolande James : Je pense que dans tout ce processus-là, avant même de procéder à l’annonce de ce programme, on se mettait à l’écoute de ce qu’avaient demandé les leaders de la communauté haïtienne, à l’écoute de la société d’accueil avant d’aller de l’avant avec le programme. Je suis tout à fait consciente que ce programme ne répond à ce que tout le monde souhaite et que les gens auraient souhaité. Mais depuis l’annonce, les règles étaient claires et cela part du principe qu’il faut respecter un certain équilibre.

Je ne rends service à personne si je dis oui à tout le monde qui veut voir l’arrivée de leurs proches et que les gens ne soient pas capables de prendre soin d’eux. Est-ce qu’on veut vraiment aider en faisant cela, est-ce qu’on veut vraiment aider? Dans un principe d’agir de façon responsable, c’est pour ça qu’on tient à garder cet équilibre-là mais c’est sûr que la situation évolue et on regarde aller les choses.


*Question : C’est pas un cadeau empoisonné de Yolande James à la communauté haïtienne comme certains le prétendent?

Yolande James : Écoutez, moi, je pense que c’était une question d’aider les gens. Et je l’avais dit dès le premier jour dans la conférence de presse après la catastrophe qu’une telle possibilité, ça prend des revenus pour s’occuper des proches qu’on veut faire venir au Québec.


*Question : Mais pourquoi au minimum vous n’éliminez pas les frais de traitement, au moins cela pourrait aider bon nombre de gens qui doivent payer alors qu’ils ne savent même pas si leurs dossiers vont être acceptés?

Yolande James : On l’avait considéré cette possibilité, mais le gouvernement fédéral a gardé ses frais de son côté, c’est aussi… pour que ça soit arrimé dans des situations comme ça.

 

Donald Jean : Merci Mme la ministre
Yolande James :  Au revoir M.Jean!
 

 

 

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PHOTO MEDIAMOSAIQUE.Com/Cr Google (la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James)

 

 

 




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Commentaires  

 
0 #10 Caroline Dupont 2010-03-14 15:10 J'ai pas de parents au Québec, est-ce que je peux trouver un parrain dans ce programme. J'ai tout perdu et je dois refaire ma vie ailleurs, franchement je dois laisser ce pays par tous les moyens. Dites-moi que dois-je faire? Merci de me répondre dans ce forum ou dans mon adresse email:c_dupont@ yahoo.fr Citer
 
 
0 #9 Steeve Matheus 2010-03-10 15:46 Vous qui demandez que les haitiens restent aux pays pour le reconstruire vous ne connaissez pas la situation et la mentalite des haitiens. l'esprit de communaute qui n'existe plus c'est le sauve qui peux qui va se transfermer en un cahos total. Tout le monde essaie de tirer leur epingle du jeu , tous , bref qui vivra verra . c'est pas apres plus de 200 ans d'histoire qu'on va recontruire un pays. vous verrez avnt le tremblement de terre c'etait un pays invivable et maintenant je vous laisse imaginer Citer
 
 
0 #8 Clody MYRTHIL 2010-03-10 02:05 Jonathan Valois

MERCI MONSIEUR, D'AVOIR PARTAGE MON OPINION, CEUX QUI ONT UN PEUT DE CONSCIENCE CONNAISSENT QU'UN PAYS NE PEUT
PROGRESSER SANS AVOIR MIS EN PLACE DE BONNE STRUCTURE POLITIQUE (C'EST CE QUE NOUS N'AVONS PAS EN HAITI) AFIN D'AVOIR UNE BONNE EQUIPE QUI SERA CAPABLE D'ASSUMEE LA DIPLOMATIE ENTRE HAITI ET SES AMIS. SI LE CANADA ETAIT VRAIMENT UN PAYS AMI IL AURAIT ESSYE DE NOUS AIDER A METTRE EN PLACE CET
TE EQUIPE, PAS EN ESSAYANT DE VOLER LE PEU DE CADRES HAITIEN. LES HAITIENS QUI AIMAIENT TELLEMENT HAITI, LA MAUVAISE DIPLOMATIE OCCIDENTALE ET LA PROMOTION DE LEUR POUSSE A NE PLUS AVOIR CONFIANCE EN EUX.

MERCI !!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!! !!!!
E-MAIL:
Citer
 
 
0 #7 Luna Sylvestre 2010-03-09 09:49 Très déçue. Comment puis-je faire venir une nièce et un neveu puisque mon frère, leur père ainsi que sa femme sont décédés? Citer
 
 
0 #6 Jonathan Valois 2010-03-09 07:47 @Clody MYRTHIL

Je partage votre point de vue. Les haitiens doivent rester dans leur pays pour le reconstruire.
Citer
 
 
0 #5 Clody MYRTHIL 2010-03-08 09:04 Monsieur, Josué Florentin

SI VOUS REAGISSEZ DE CETTE MANIERE, EN M'ACUSANT DE FAIRE PARTI DES X ELITES QUI CHASSENT LES CADRES HAITIENS VERS LES ROYAUMES OCCIDENTAUX DU SOIT DISANT BONHEUR, VOUS VOUS TROMPEZ DE CIBLE. EN LISANT VOTRE ECRIT, PEUT ETRE, VOUS ETES UN DES FRUITS CUEILLIT PAR L'IMMIGRATION CANADIENNE EN HAITI.
DANS VOTRE MESSAGE J'AI PU AUSSI LIRE VOTRE INQUIETUDE CONSERNANT LA PREFERENCE DU PEUPLE HAITIEN DE L'ARGENT DES CADRES EXPATRIES QUE DANS LES DECISIONS POLITIQUE.
D'APRES MOI, LE PEUPLE A RAISON PARCE QUE DEPUIS LA CREATION D'HAITI, IL N'YA JAMAIS EU DE PARTI POLITIQUE. LES CADRES NE PROPOSENT RIEN ET LAISSER LE CHAMPS LIBRE AUX DICTATEURS DE CREER DES PARTIS POLITIQUE SIMAGRIS, LAVALASSE, DUVALIER, ETC…

JE SUIS TRES OUVERT COMME VOUS AFIN DE DISCUTER AUTOUR DE TOUS LES SUJETS RELATIF AUX PROBLEMES D'HAITI.

LE BEBAT EST OUVERT MERCI!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!
Citer
 
 
0 #4 Josué Florentin 2010-03-07 08:47 @Clody MYRTHIL

Je suis sur que vous êtes l'un des membres de ces élites qui ont contribué à chasser ces cadres dont vous parlez.

Il y en a plein de vous qui jouissent de cette faiblesse de l'état que vous avez volontairement provoquée en Haiti.

C'est vrai qu'il faut dévelooper le pays avec l'appui de ces cadres qui ont fui, mais vous ne les aimez pas vraiment à part leur argent, mais quand ils veulent faire de la politique vous les chassez une fois de plus en les traitant de canadiens, d'americains ou de français? Franchement, que voulez-vous? J'aimerais savoir un peu plus. Faisons un débat d'idées, je suis très ouvert à cela.

Josué Florentin

florentinjosue@ hotmail.com
Citer
 
 
0 #3 Clody MYRTHIL 2010-03-07 03:20 JE NE COMPREND PAS POURQUOI TOUS LES HAITIENS VEULENT ABANDONNER HAITI, CERTES QUE LE SEISME DU 12 JANVIER A EFFECTIVEMENT CAUSE BCOUP DE PROBLEME QUE NOUS CONNAISSONS TOUS, MAIS CE N'EST PAS UNE RAISON DE FAIRE CROIRE AUX HAITIENS QUE LA VIE SERA MEILLEURE LÔT BÔ DLO. LE CANADA N'A JAMAIS ETE UN BON AMI DU PEUPLE HAITIEN, SON PROGRAMME D'IMMIGRATION D'OREE QUI A DEJA DEVASTE LE PAYS DE SES CADRES, MÊME APRES LE SEISME LES DIRIGEANTS CANADIENS N'ONT PAS DE CONSCIENCE AFIN DE VOIR QUE CE PROGRAMME EST UN VIRUS MORTEL POUR LA SURVIE DU PEUPLE HAITIEN.

ON RECONNAIT TOUS QU'UN PAYS NE PEUT EN AUCUN CAS ETRE COMPETITIF SANS UNE FONDATION DES CADRES.

JE DEMANDE A TOUS ET A TOUTES, HAITIENS, HAITIENNES ET AMIS HAITI DE S'UNIR POUR
DEMANDER AU CANADA LE RETRAIT D'URGENCE DE SON PROGRAMME D'IMMIGRATION D'OREE SUR HAITI POUR QUE HAITI PUISSE CREER SA FONDATION DES CADRES.

Merci
M. Clody MYRTHIL
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0 #2 Sabine Jean-Louis 2010-03-06 09:18 Mon commentaire: j'estime que c'est vraiment pas assez le chiffre de 3 000 proposé par le MICC. Mais si chaque province avait fait autant cela pourrait grandement aider. Citer
 
 
0 #1 C.Arismé 2010-03-04 04:48 Déception! Vous avez posé les bonnes questions M.Donald, mais hélas la ministre campe sur ses positions. C'est triste pour la communauté malheureusement Citer
 

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